Fin du remboursement de l’ostéopathie : 82 % des Français s'y opposent
En septembre 2025, l’institut Odoxa a réalisé pour l’Unité Pour l’Ostéopathie (UPO) un sondage auprès d’un échantillon de 1 005 Français représentatif de la population âgée de 18 ans et plus, interrogés par internet les 3 et 4 septembre 2025. L’objectif : mesurer l’opinion des Français face à l’éventualité d’un déremboursement de l’ostéopathie par les mutuelles, et évaluer les conséquences que cette mesure pourrait avoir sur le recours aux soins.
- Une opposition massive : 82 % des Français sont défavorables à la fin du remboursement de l'ostéopathie par les mutuelles.
- Un risque de renoncement : Un tiers des patients déclarent qu'ils cesseraient de consulter si les soins n'étaient plus pris en charge.
- Une fausse économie : En cas de déremboursement, 70 % des patients se tourneraient vers un médecin ou un kinésithérapeute, déplaçant simplement les dépenses de santé.
Une pratique de l'ostéopathie qui s'ancre dans les habitudes de santé
Le recours à l’ostéopathie continue de progresser en France. En 2025, 55 % des Français déclarent avoir consulté un ostéopathe au cours des cinq dernières années, soit six points de plus qu’il y a dix ans (49 % en 2015). La progression est régulière : 48 % en 2019, 53 % en 2024. Dans le détail, un Français sur quatre a effectué une consultation au cours des douze derniers mois, 16 % entre un et trois ans, et 14 % entre quatre et cinq ans.
L’analyse par profil met en lumière des disparités notables. Les femmes recourent davantage à l’ostéopathie que les hommes (58 % contre 52 %), de même que les actifs salariés par rapport aux retraités (61 % contre 47 %). Par tranches d’âge, ce sont les 35-49 ans qui consultent le plus (64 %), suivis des 25-34 ans (61 %), tandis que les 65 ans et plus sont moins représentés (48 %).
Remboursement mutuelle : un plébiscite massif pour le maintien des acquis
Aujourd’hui, les soins en ostéopathie sont pris en charge par les contrats dits « solidaires et responsables », qui représentent 96 % des contrats de complémentaire santé en France. Une évolution législative pourrait conduire à exclure l’ostéopathie de ces contrats, et donc à mettre fin à son remboursement par les mutuelles.
Face à cette perspective, les Français se prononcent très majoritairement contre : 82 % estiment qu’il faut maintenir le remboursement de l’ostéopathie par les mutuelles. Cette opinion transcende les catégories sociales et le rapport personnel à la discipline. Parmi les patients ayant consulté au cours des douze derniers mois, 96 % se déclarent favorables au maintien du remboursement. Mais cette proportion reste élevée même parmi ceux qui n’ont jamais consulté ou ne l’ont pas fait depuis longtemps (74 %). Salariés (83 %) et retraités (84 %) partagent également cette position.
Par ailleurs, parmi les patients ayant eu recours à l’ostéopathie au cours des cinq dernières années :
Déclarent avoir été remboursés lors de leur dernière consultation
Pensent ne pas avoir été remboursés.
Ne savent pas s'ils ont été remboursés.
Ce phénomène suggère une certaine méconnaissance des conditions de prise en charge.
Quelles seraient les conséquences d'un déremboursement sur l'accès aux soins ?
Un risque de renoncement aux soins pour un tiers des patients
Le sondage mesure également les conséquences potentielles d’un déremboursement sur les comportements de soin. Parmi les patients ayant consulté un ostéopathe au cours des cinq dernières années, 33 % affirment qu’ils n’y retourneraient plus si les mutuelles ne prenaient plus en charge ces soins. Les plus touchés seraient les moins de 35 ans (47 %), les employés (38 %), les ouvriers (36 %) et les salariés (37 %), contre seulement 22 % des retraités.
Une baisse significative de la fréquence des consultations
L’impact sur la fréquence des consultations serait également significatif. Aujourd’hui, un patient consulte en moyenne 1,45 fois par an — dont seulement 16 % dépassent deux visites annuelles. En cas de déremboursement, cette moyenne chuterait à 1,05 consultation par an, soit une baisse d’environ un tiers. Les catégories les plus affectées seraient les 25-34 ans (−0,7 visite), les 35-49 ans (−0,6), les salariés (−0,6), et les patients ayant consulté au cours des douze derniers mois (−0,7).
Pourquoi le déremboursement est une fausse économie pour la santé
Le report massif vers les médecins et kinésithérapeutes
Parmi les patients qui affirment qu’ils n’iraient plus consulter un ostéopathe en cas de déremboursement, la grande majorité (70 %) se tournerait vers un autre professionnel de santé. Le masseur-kinésithérapeute arriverait en tête des alternatives citées (37 %), suivi du médecin généraliste (24 %), du médecin spécialiste (5 %) et des urgences ou SOS Médecin (4 %). Seuls 30 % indiquent qu’ils ne feraient rien.
Un simple transfert de charges entre les remboursements
Ce phénomène de report vers des soins eux-mêmes remboursés soulève la question de l’économie réelle qu’un déremboursement de l’ostéopathie générerait pour les organismes complémentaires. Plutôt qu’une réduction nette des dépenses, il pourrait s’agir d’un simple jeu de vases communicants entre différentes lignes de remboursement au sein du système de santé.
Sondage Odoxa pour l’UPO, réalisé par internet les 3 et 4 septembre 2025 auprès d’un échantillon de 1 005 Français représentatif de la population âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas — sexe, âge, profession, région, catégorie d’agglomération).


