Évaluation en santé : le nouveau paradigme de l’Académie nationale de médecine

Le communiqué de l’Académie nationale de médecine du 16 février 2026 constitue une étape importante.

Il rappelle la nécessité de l’évaluation et de la vigilance, exigences que l’UPO soutient depuis de nombreuses années. Il marque également une évolution méthodologique notable en reconnaissant que l’essai contrôlé randomisé en double aveugle ne peut, à lui seul, suffire à évaluer l’efficacité thérapeutique, notamment pour les interventions complexes.

Cette reconnaissance est essentielle.

L’évaluation des soins ne repose pas sur un modèle unique. D’autres méthodologies scientifiques, notamment qualitatives, permettent d’appréhender les dimensions fonctionnelles, contextuelles et organisationnelles des prises en charge. Ces approches sont particulièrement pertinentes pour des interventions complexes telles que l’ostéopathie.

Dans le contexte de 2026, marqué par le débat sur le remboursement des soins en ostéopathie par les mutuelles, une clarification s’impose : les niveaux de preuve de l’efficacité des interventions individualisées doivent être appréhendés équitablement dans leur ensemble et placés en perspectives avec les conditions globales – facilitées ou non – du développement de l’évaluation scientifique de ces disciplines. Ce débat, sain et utile par ailleurs, ne peut constituer un prétexte à une exclusion a priori du financement.

L’ostéopathie est aujourd’hui prise en charge par une grande majorité des contrats complémentaires et intégrée aux parcours de soins, souvent sur recommandation de professionnels de santé. Son retrait du remboursement créerait une rupture d’accès pour de nombreux patients, sans garantie d’économie pour la collectivité.

Au contraire, les données médico-économiques invitent à la prudence. Les douleurs lombaires représentent en France entre 30 et 60 milliards d’euros de coûts directs et indirects par an. L’ostéopathie dispose d’un niveau de preuve reconnu dans cette indication, pour un coût global toutes affections confondues estimé à environ 600 millions d’euros. Un déremboursement pourrait entraîner un report vers des prises en charge plus coûteuses et aggraver les dépenses liées à la lombalgie.

L’évaluation scientifique existe et doit se renforcer.

Mais elle doit s’inscrire dans une logique de consolidation, non de fragilisation.

Elle ne peut être dissociée d’une architecture de régulation aboutie garantissant :

-              Un contrôle effectif et harmonisé des formations initiale et continue,

-              Des règles déontologiques opposables,

-              Une gouvernance claire et indépendante,

-              Des mécanismes disciplinaires cohérents.

Le débat ouvert par l’Académie appelle ainsi une réflexion globale : évolution méthodologique, responsabilité institutionnelle et cohérence des politiques de financement doivent être pensées ensemble.

Fédération rassemblant organisations professionnelles et sociétés savantes, l’UPO souhaite contribuer de manière constructive à cette évolution, au service de la sécurité des patients, de l’exigence scientifique et de la soutenabilité du système de santé.


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